La dose de référence de l’engrais NPK 15 15 15 est de 200 kg par hectare, soit 4 sacs de 50 kg, sur le maïs, le riz de bas-fond et le riz irrigué, et de 150 kg par hectare (3 sacs) sur le riz pluvial. Cet apport se place 10 à 21 jours après le semis et doit toujours être complété par une couverture d’urée. C’est ce que recommandent les services agricoles d’Afrique de l’Ouest. Le reste de cet article détaille les doses culture par culture, le fractionnement, le calcul pour une petite parcelle et les erreurs qui font perdre la moitié de l’engrais acheté.
Ce que contient réellement un sac de NPK 15 15 15
Les trois chiffres d’une formule d’engrais indiquent, dans l’ordre, le pourcentage d’azote (N), d’anhydride phosphorique (P2O5) et d’oxyde de potassium (K2O). Une formule 15 15 15 est dite équilibrée : elle apporte autant d’azote que de phosphore et de potasse.
Le calcul qui en découle est simple et mérite d’être fait une fois pour toutes. Un sac de 50 kg contient 15 % de 50 kg pour chaque élément, soit 7,5 kg d’azote, 7,5 kg de P2O5 et 7,5 kg de K2O. À la dose de 200 kg par hectare, la parcelle reçoit donc 30 unités d’azote, 30 unités de phosphore et 30 unités de potasse. C’est un démarrage correct, mais très loin des besoins d’un maïs qui vise 4 tonnes de grain. D’où la règle qui revient dans toutes les fiches techniques : le NPK de fond n’est jamais le seul apport de la campagne.
Les doses officielles par culture
Le ministère de l’Agriculture du Togo a publié en 2022 un barème par culture qui fait aujourd’hui référence dans la sous-région, parce qu’il précise à la fois la dose et la date. Les valeurs ci-dessous en sont tirées.
| Culture | NPK 15 15 15 | Date d’apport | Urée 46 % |
|---|---|---|---|
| Maïs | 200 kg/ha (4 sacs) | 10 à 15 jours après semis | 100 kg/ha à 30 à 45 jours |
| Riz de bas-fond et riz irrigué | 200 kg/ha (4 sacs) | 15 à 21 jours après semis | 50 kg/ha à 35 à 40 jours, puis 50 kg/ha à 55 à 60 jours |
| Riz pluvial | 150 kg/ha (3 sacs) | 15 à 21 jours après semis | 25 kg/ha à 35 à 40 jours, puis 25 kg/ha à 55 à 60 jours |
| Sorgho, variétés locales | 150 kg/ha (3 sacs) | 10 à 15 jours après semis | 50 kg/ha à 40 à 60 jours |
| Sorgho, variétés améliorées | 150 à 200 kg/ha | 10 à 15 jours après semis | 50 à 100 kg/ha à 30 à 35 jours |
En Côte d’Ivoire, l’étude de l’IFDC sur l’utilisation des engrais par culture, conduite sur la période 2015 à 2017, retrouve les mêmes ordres de grandeur pour le NPK 15 15 15 enrichi en soufre et en bore : 200 kg par hectare sur le coton, appliqués au labour, suivis de 50 kg d’urée à 40 à 45 jours après la levée. Sur le maïs des zones cotonnières, la même étude relève 200 kg de NPK 15 15 15 par hectare complétés par 100 kg d’urée, tandis que le maïs des autres zones reçoit plutôt une formule azotée 23 10 5 à 300 kg par hectare.
Deux cultures font exception et ne doivent pas recevoir de 15 15 15. Le riz ivoirien est conduit avec une formule 12 24 18 à 200 kg par hectare en pluvial et 250 kg en irrigué, plus 50 à 100 kg d’urée. Le cacao adulte reçoit une formule sans azote de fond, 0 23 19 enrichie en magnésium, calcium et bore, à 250 kg par hectare en deux apports, l’un en mars et avril, l’autre en juillet et août. Mettre du 15 15 15 sur une cacaoyère revient à payer un azote que l’arbre ne valorise pas au moment où il en reçoit.

Le cas du Cameroun : 20 10 10 plutôt que 15 15 15
La fiche technique maïs diffusée sur le site du MINADER retient une logique différente, adaptée à des sols souvent mieux pourvus en potasse. Elle recommande un engrais complet de type NPK 20 10 10 au semis, à raison de 200 à 300 kg par hectare en zone d’altitude et de 300 à 400 kg par hectare en zone forestière, puis 100 à 150 kg d’urée à 46 % à l’épiaison, environ un mois et demi après le semis. L’écartement de référence y est de 90 cm entre lignes et 40 cm sur la ligne, avec deux grains par poquet.
La leçon à retenir n’est pas qu’une formule vaut mieux qu’une autre, mais que la formule suit le sol et la culture. Si vous ne disposez que de 15 15 15, vous pouvez l’utiliser sur maïs, mais il faudra remonter la part d’azote par l’urée. Nos équipes détaillent ce raisonnement dans le guide des engrais NPK, foliaires et organiques en Afrique de l’Ouest.
La microdose : 6 grammes par poquet quand le sac coûte trop cher
Quand la trésorerie ne permet pas d’acheter quatre sacs à l’hectare, la fertilisation localisée au semis, ou microdose, constitue une solution documentée. Le document diffusé par la FAO avec l’ICRISAT au Niger en 2012 en donne le protocole exact : deux pincées à trois doigts de NPK 15 15 15, soit 6 grammes, déposées dans chaque poquet, ce qui représente environ 60 kg par hectare. Une variante utilise une pincée de DAP de 2 grammes, soit 20 kg par hectare, complétée par 1 gramme d’urée par poquet au début de la croissance.
Sur mil et sorgho, ce document rapporte des rendements supérieurs de 44 à 120 % par rapport aux parcelles sans engrais. La microdose ne remplace pas une fumure complète sur une parcelle à haut potentiel, mais elle transforme le rapport entre la dépense et le gain quand le budget est le facteur limitant.
Calculer votre dose réelle, parcelle par parcelle
La plupart des pertes d’engrais commencent par une erreur d’arithmétique. Trois repères suffisent.
- Sur une surface inférieure à l’hectare. À 200 kg par hectare, une parcelle de 5 000 m² reçoit 100 kg, soit 2 sacs, et une parcelle de 500 m² reçoit 10 kg. Pesez, ne jugez pas à l’œil.
- Par poquet. Divisez la dose par le nombre de poquets. Avec l’écartement camerounais de 90 cm sur 40 cm, on compte environ 27 700 poquets à l’hectare, et 200 kg de NPK représentent alors un peu plus de 7 grammes par poquet, soit l’ordre de grandeur de la microdose.
- En unités fertilisantes. 200 kg de 15 15 15 apportent 30 unités d’azote. Les 100 kg d’urée à 46 % recommandés sur maïs en apportent 46 de plus. Le total de la campagne atteint donc 76 unités d’azote, dont plus de la moitié vient de l’urée. Sauter la couverture d’urée, c’est perdre le bénéfice du sac de NPK déjà payé.

Les cinq erreurs qui coûtent le plus cher
- Épandre à la volée. Les fiches techniques parlent toutes d’apport localisé, au pied du plant ou dans le poquet, puis enfoui. Le travail de l’IDESSA sur les systèmes de culture du maïs du nord de la Côte d’Ivoire, publié par la FAO, précise un apport localisé à la base des plants au stade 5 à 6 feuilles. Un engrais laissé en surface part au premier ruissellement.
- Apporter trop tard. Au delà de 15 jours après le semis sur maïs, le plant a déjà arbitré son développement racinaire.
- Un seul apport pour toute la campagne. Le fractionnement NPK puis urée est la règle dans toutes les recommandations citées ici.
- Utiliser la formule du voisin. Le même travail de l’IDESSA module la dose selon l’objectif de rendement : 150 kg de NPK et 50 kg d’urée pour viser 20 à 30 quintaux par hectare, 200 kg et 100 kg pour 30 à 40 quintaux, 300 kg et 100 kg pour 40 à 60 quintaux.
- Ignorer la matière organique. Un sol dont le taux de matière organique s’effondre valorise mal l’engrais minéral, quelle que soit la dose. Les déjections animales et les composts restent le socle sur lequel le NPK travaille.
Combien coûte la dose de référence
Le prix du sac varie d’un pays et d’une campagne à l’autre, et toute annonce de prix doit être datée. À titre de repère public, la note du ministère togolais de 2022 citée plus haut fixait le prix subventionné du sac de 50 kg à 18 000 FCFA. Une dose de 4 sacs à l’hectare représentait alors 72 000 FCFA d’engrais de fond, hors urée et hors transport. Pour un prix actualisé sur votre pays et votre volume, nos équipes répondent depuis la page Agrofournitures et intrants.
La question suivante est toujours celle du retour. Elle se traite culture par culture : voyez par exemple nos repères sur les étapes de la culture du maïs et sur la culture du manioc, deux cultures dont les réponses à la fertilisation sont très différentes. Pour une fumure raisonnée sur analyse de sol, l’équipe intervient via le service Fertilisation et nutrition végétale.
Questions fréquentes
Quelle est la dose de NPK 15 15 15 par hectare ?
200 kg par hectare, soit 4 sacs de 50 kg, sur maïs, riz de bas-fond et riz irrigué, et 150 kg par hectare sur riz pluvial et sorgho de variétés locales, d’après le barème publié par le ministère de l’Agriculture du Togo en 2022.
Combien de grammes de NPK 15 15 15 par poquet ?
Environ 6 grammes par poquet en fertilisation localisée, soit deux pincées à trois doigts, ce qui correspond à près de 60 kg par hectare selon le protocole de microdose diffusé par la FAO et l’ICRISAT au Niger.
Quand appliquer le NPK 15 15 15 sur le maïs ?
Entre 10 et 15 jours après le semis, en apport localisé et enfoui, puis 100 kg d’urée à 46 % par hectare entre 30 et 45 jours après le semis.
Le NPK 15 15 15 convient il au cacao ?
Non. Les plantations de cacao en production reçoivent en Côte d’Ivoire une formule 0 23 19 enrichie en magnésium, calcium et bore, à 250 kg par hectare en deux apports annuels, selon l’étude de l’IFDC.
Que contient un sac de 50 kg de NPK 15 15 15 ?
7,5 kg d’azote, 7,5 kg d’anhydride phosphorique et 7,5 kg d’oxyde de potassium, le reste étant constitué d’éléments d’accompagnement et de support.
Peut on remplacer le 15 15 15 par du 20 10 10 ?
Sur maïs, oui, et c’est même la formule retenue par la fiche technique diffusée par le MINADER au Cameroun, à 200 à 400 kg par hectare selon la zone. Le choix dépend du statut du sol en potasse et en phosphore.
Sources
- Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources Animales et de la Souveraineté Alimentaire du Togo, Recommandations des doses d’engrais minéraux et périodes d’épandage pour les principales cultures vivrières, 2022
- IFDC, Étude sur l’utilisation des engrais par produit et par culture en Côte d’Ivoire, période 2015 à 2017
- FAO et ICRISAT, La fertilisation localisée au semis des cultures ou microdose, Niger, 2012
- Fiche technique de production du maïs diffusée par le MINADER, Cameroun
- FAO, Production et valorisation du maïs à l’échelon villageois en Afrique de l’Ouest, les systèmes de culture du maïs dans le nord de la Côte d’Ivoire


