Publié : 22 juillet 2026
Vérifié et relu par Royking Niba, Relecteur éditorial, JOGOO Agriculture

Agriculture au Cameroun : chiffres, filières et défis en 2026

L’agriculture reste le premier employeur du Cameroun et l’un des trois piliers de son économie. En 2024, le secteur primaire pesait environ 17,4 % du produit intérieur brut, avec l’agriculture stricto sensu autour de 10 % du PIB, selon la Direction générale du Trésor français. Il occupe 55 % de la population active d’après le recensement de 2020 de l’Institut National de la Statistique (INS) et mobilise près de 2 millions de ménages agricoles. Cet article dresse un état des lieux des filières, des zones de production, des défis structurels et des leviers de modernisation en cours en 2026.

L’agriculture, colonne vertébrale de l’économie camerounaise

Le Cameroun dispose d’une base agricole exceptionnelle à l’échelle de l’Afrique centrale : 47 millions d’hectares de superficie totale, dont environ 9,2 millions d’hectares utilisables à des fins agricoles et 7,2 millions d’hectares de terres arables, auxquels s’ajoutent près de 2 millions d’hectares de pâturages (SDSR/FAOLEX). Malgré ce potentiel, seuls 1,8 million d’hectares sont effectivement cultivés, soit 26 % de la surface cultivable. Cet écart entre potentiel et exploitation constitue à la fois la principale contrainte du secteur et sa plus grande marge de progression.

Sur la période 2018–2025, la valeur ajoutée agricole a généré près de 16 080 milliards de FCFA, faisant de l’agriculture le premier contributeur à la stratégie nationale de développement 2020–2030 en matière de substitution aux importations et de création d’emplois (déclaration ministérielle citée par Africa24, septembre 2025). En 2024, l’agriculture vivrière a progressé de +3,2 % contre +1,3 % en 2023 (Comptes Nationaux 2024, INS).

Les grandes filières agricoles

Le paysage agricole camerounais repose sur deux grands blocs : les cultures d’exportation et les cultures vivrières.

Cultures d’exportation et de rente

Les principales filières exportatrices sont :

Ces filières concentrent l’essentiel des recettes d’exportation, mais environ 85 % des exportations camerounaises restent constituées de produits peu ou pas transformés,pétrole brut, cacao, bois, gaz naturel liquéfié, coton, ce qui alimente un déficit commercial structurel (DG Trésor, 2025).

Cultures vivrières

L’alimentation de base repose sur cinq piliers :

Épi de maïs mûr, culture vivrière majeure au Cameroun avec 2,36 millions de tonnes produites en 2023
Le maïs est passé de 2,20 Mt en 2018 à 2,36 Mt en 2023 (+7 %) au Cameroun, source : FAOSTAT 2024.

Cinq zones agroécologiques distinctes

Le Cameroun est souvent qualifié d’« Afrique en miniature » à raison de la diversité de ses zones agroécologiques :

  1. Zone soudano-sahélienne (Extrême-Nord, Nord),coton, mil, sorgho, arachide.
  2. Zone des hautes savanes guinéennes (Adamaoua),maïs, tubercules.
  3. Zone des hauts plateaux de l’Ouest (Ouest, Nord-Ouest),arabusta, maraîchage, banane plantain, pomme de terre, forte densité de petites exploitations.
  4. Zone forestière humide à pluviométrie bimodale (Centre, Sud, Est),cacao, café, manioc, plantain.
  5. Zone forestière humide à pluviométrie monomodale (Littoral, Sud-Ouest),banane d’exportation, huile de palme, hévéa, cacao.

Cette diversité constitue un avantage concurrentiel majeur : très peu de pays africains couvrent l’ensemble des grandes filières tropicales sur un seul territoire.

Les défis structurels de l’agriculture camerounaise

Cinq contraintes limitent aujourd’hui la productivité du secteur.

1. Sous-exploitation du potentiel foncier. Avec seulement 26 % des terres cultivables réellement mises en valeur, la marge de gain reste considérable, mais l’insécurité foncière, la fragmentation des exploitations et les coûts de défrichement freinent la mécanisation.

2. Faible mécanisation. Le parc national de matériel agricole reste sous-dimensionné pour la taille du secteur, malgré l’acquisition récente de 1 000 tracteurs financés par la Banque africaine de développement et la création de 200 ateliers communautaires de mécanisation entre 2021 et 2024.

3. Accès et coût des intrants. Semences améliorées, engrais et produits phytosanitaires restent chers et inégalement disponibles, en particulier dans les zones enclavées. La qualité des intrants importés est variable, ce qui pèse sur les rendements.

4. Vulnérabilité climatique. Sécheresses dans le septentrion, inondations dans les zones basses, dérèglement des saisons de pluies dans les zones forestières : le changement climatique affecte directement les calendriers culturaux et les rendements. La maîtrise de l’eau devient un facteur limitant de premier ordre.

5. Pertes post-récolte. Les pertes sur les filières vivrières (manioc, maïs, tomate, plantain) peuvent atteindre 20 à 40 % faute de séchoirs, de systèmes de stockage adéquats et de logistique du froid.

Modernisation en cours : quatre leviers activés

Le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) articule sa stratégie autour de quatre leviers, dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 :

Sur le terrain, la modernisation d’une exploitation passe généralement par un enchaînement bien identifié : audit agronomique et sol → plan d’aménagement (parcellaire, drainage, irrigation) → sélection variétale → plan de fertilisation → protection intégrée → mécanisation adaptée. C’est précisément la démarche portée par les acteurs de conseil et d’ingénierie agricole comme JOGOO Agriculture sur les projets clé en main.

Cultures maraîchères sous irrigation moderne, levier clé de modernisation pour les exploitations camerounaises
L’irrigation raisonnée est l’un des leviers de compétitivité les plus rentables pour les exploitations camerounaises.

Où intervenir pour améliorer les rendements

Trois domaines d’intervention concentrent aujourd’hui le meilleur rapport investissement-rendement pour les exploitations camerounaises.

Maîtrise de l’eau. Face à la raréfaction des pluies utiles dans le septentrion et à la mauvaise répartition intra-saisonnière ailleurs, l’irrigation devient un facteur de compétitivité. Le système d’irrigation goutte à goutte permet de réduire la consommation d’eau de 30 à 50 % par rapport à l’irrigation gravitaire, tout en améliorant la précision des apports en engrais via la fertigation. Les solutions d’irrigation et de pompage adaptées aux petites et moyennes exploitations sont désormais accessibles à des budgets compatibles avec la structure des exploitations familiales.

Qualité des intrants. Un engrais bien formulé et une semence certifiée peuvent améliorer les rendements de 30 à 100 % selon la culture. L’accès à des agrofournitures et intrants fiables reste un enjeu clé, en particulier pour le maïs, le riz irrigué et le maraîchage.

Protection des cultures. Chenille légionnaire d’automne sur maïs, pourriture noire du cacao, mildiou de la tomate, bactériose du bananier plantain : la pression phytosanitaire est forte. Une stratégie de protection intégrée combinant variétés résistantes, biocontrôle et traitements ciblés donne les meilleurs résultats à long terme.

Perspectives 2026 et au-delà

Le FMI projette une croissance du PIB non-pétrolier de +4,2 % en 2026, portée en partie par l’agriculture et l’agroalimentaire. La bonne tenue des prix mondiaux du cacao et du café, combinée à la volonté politique de substituer les importations agricoles (riz, huile de palme raffinée) par de la production locale, ouvre une fenêtre d’opportunité pour les investisseurs et exploitants qui structurent aujourd’hui leurs projets.

Pour les entrepreneurs et exploitants prêts à moderniser leurs opérations, l’accompagnement par un partenaire capable de concevoir des projets agricoles clé en main,de l’étude agronomique à la mise en production, est aujourd’hui le raccourci le plus efficace vers la rentabilité.

Pour un panorama comparatif régional, voir notre article Agriculture au Cameroun, au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

FAQ

Quel est le poids de l’agriculture dans l’économie camerounaise ?

Le secteur primaire représente environ 17,4 % du PIB en 2024, dont 10 % pour l’agriculture stricto sensu, selon la Direction générale du Trésor français. Il emploie 55 % de la population active (INS, 2020) et mobilise près de 2 millions de ménages agricoles.

Quelles sont les principales cultures d’exportation au Cameroun ?

Les grandes filières d’exportation sont le cacao, le coton, la banane, l’huile de palme, le caoutchouc naturel et le café. Le coton dépasse 300 000 tonnes par an, principalement produites dans les régions septentrionales.

Quelles sont les cultures vivrières les plus importantes ?

Le manioc (5,34 millions de tonnes/an), le maïs (2,36 millions de tonnes en 2023), le plantain, le mil, le sorgho et le riz constituent l’ossature alimentaire du pays.

Combien de zones agroécologiques compte le Cameroun ?

Le pays compte cinq zones agroécologiques : soudano-sahélienne, hautes savanes guinéennes, hauts plateaux de l’Ouest, forêt humide à pluviométrie bimodale, et forêt humide à pluviométrie monomodale. Cette diversité permet la production de la quasi-totalité des grandes cultures tropicales sur un seul territoire.

Quels sont les principaux défis de l’agriculture au Cameroun ?

Cinq défis structurels : la sous-exploitation du potentiel foncier (26 % seulement de la surface cultivable effectivement utilisée), la faible mécanisation, l’accès aux intrants, la vulnérabilité climatique, et les pertes post-récolte élevées.

Quelles solutions pour moderniser une exploitation agricole camerounaise ?

Un enchaînement audit agronomique → aménagement (irrigation, drainage) → semences améliorées → fertilisation adaptée → protection intégrée → mécanisation ciblée. Le recours à un partenaire spécialisé en conseil et ingénierie agricole accélère la mise en œuvre et sécurise l’investissement.

Sources

Pour aller plus loin

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