Le mildiou reste la maladie foliaire la plus redoutée du producteur de tomate. En Afrique de l’Ouest et centrale, l’alternance saisons pluvieuses et saisons sèches, la culture en hivernage et la conduite sous ombrière ou tunnel créent régulièrement des fenêtres climatiques idéales pour Phytophthora infestans. Deux heures d’eau sur les feuilles suffisent à amorcer une infection, et les premiers symptômes n’apparaissent que 4 à 7 jours plus tard : quand la tache devient visible, la contamination a déjà pris de l’avance. Ce guide, rédigé pour les maraîchers et exploitants professionnels, précise comment poser le bon diagnostic, décider du bon traitement, et surtout éviter d’en arriver là.
La biologie de Phytophthora infestans
Le mildiou n’est pas un champignon au sens strict. Phytophthora infestans est un oomycète, un pseudo-champignon apparenté aux algues brunes, appartenant à l’ordre des Peronosporales. Cette différence n’est pas académique : elle explique pourquoi la plupart des fongicides « classiques » sont inefficaces contre lui, et pourquoi les stratégies au cuivre et à certaines matières actives spécifiques restent la référence.
Deux caractéristiques biologiques dictent toute la lutte :
- Le pathogène est un biotrophe strict en début d’infection : il ne peut vivre que sur tissu végétal vivant (tomate, pomme de terre, morelle noire, aubergine). Il n’y a pas de « spores dans la terre » qui contaminent la parcelle année après année, sauf en présence d’oospores issues de reproduction sexuée, encore rares en Afrique subsaharienne.
- Ses sporanges sont dispersés par le vent et les éclaboussures de pluie, sur plusieurs kilomètres. Une parcelle traitée peut être recontaminée depuis une parcelle voisine dès la levée des rosées.
Autrement dit : la lutte est collective et préventive, pas curative et individuelle.
Les conditions climatiques qui déclenchent l’épidémie
Trois paramètres microclimatiques doivent être surveillés simultanément :
- Température moyenne entre 15 et 26 °C. L’optimum se situe autour de 22 à 24 °C. Au-delà de 30 °C prolongés, la maladie ralentit fortement.
- Humidité relative supérieure à 90 %, typiquement les nuits fraîches suivies de rosées denses, ou les périodes post-averses.
- Eau libre sur la feuille. C’est le facteur limitant : sans film d’eau, la germination des sporanges est bloquée, et deux heures suffisent à amorcer l’infection. La production de nouveaux sporanges, elle, demande une mouillure prolongée d’au moins 7 heures.
En Afrique centrale et de l’Ouest, ces trois conditions sont réunies presque quotidiennement pendant la petite et la grande saison des pluies, ainsi que sous les tunnels mal ventilés du milieu de journée. La règle opérationnelle : dès qu’une pluie importante intervient pendant la floraison ou la nouaison, le risque est réel dans les 4 à 7 jours qui suivent.

Les seuils chiffrés à retenir
La fiche technique du Réseau d’avertissements phytosanitaires du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec donne des seuils plus fins, utiles pour décider d’un passage préventif.
| Paramètre | Seuil publié |
|---|---|
| Développement optimal | Entre 15 et 25 °C, humidité proche de 100 % |
| Humidité relative nécessaire | Supérieure à 90 % |
| Températures d’infection | Nuits de 10 à 15 °C, journées de 15 à 21 °C |
| Eau sur les feuilles suffisante pour infecter | Deux heures |
| Formation des sporanges | Entre 10 et 24 °C, avec une mouillure d’au moins 7 heures |
| Mode de germination | Germination directe sur la plante au-dessus de 18 °C, libération de zoospores en dessous de 18 °C |
| Incubation avant symptômes visibles | 4 à 7 jours |
| Arrêt du développement | Au-dessus de 30 °C, sans que l’agent pathogène soit tué |
L’INRAE situe l’optimum entre 16 et 22 °C, avec un ralentissement net au-delà de 25 °C soutenus, et rappelle que l’agent pathogène a besoin d’eau libre ou d’une humidité saturante pour infecter. Le programme de lutte intégrée de l’Université de Californie retient des températures moyennes de 50 à 78 °F, soit environ 10 à 26 °C, comme favorables. L’Université de Floride ajoute le repère d’une humidité relative supérieure à 80 %, au-dessus de laquelle les lésions virent au pourpre ou au noir et se couvrent du feutrage blanc de sporanges.
Deux conséquences pratiques. D’abord, le seuil de deux heures d’eau libre signifie qu’une rosée du petit matin suffit, sans qu’il ait plu. Ensuite, l’incubation de 4 à 7 jours explique pourquoi une parcelle qui paraît saine à côté d’un foyer peut déjà être contaminée, et pourquoi il faut traiter la zone autour du foyer, pas seulement le foyer.
Symptômes : le diagnostic différentiel qui compte
Trop de producteurs traitent un mildiou en pensant à une alternariose (Alternaria solani) ou à un flétrissement bactérien. Les trois maladies coexistent souvent en climat tropical, et les traitements ne sont pas interchangeables. Le tableau ci-dessous reprend les descriptions publiées par le programme de lutte intégrée de l’Université de Californie et par la publication PP301 de l’Université de Floride.
| Organe | Mildiou | Alternariose |
|---|---|---|
| Feuille | Taches irrégulières, petites, vert pâle à vert foncé, d’aspect gorgé d’eau, entourées d’une zone de tissu jaunâtre. Elles s’étendent vite et virent au brun puis au noir pourpré | Taches noires ou brunes de 6 à 12 mm, d’aspect coriace, marquées d’anneaux concentriques, sur les feuilles âgées en premier |
| Feuille, face inférieure | Feutrage blanc de sporanges au-dessus de 80 % d’humidité relative, la lésion prenant alors une teinte pourpre à noire. Par temps chaud et sec, elle brunit, se dessèche et prend un aspect de papier | Pas de feutrage blanc |
| Tige et pétiole | Lésions brunes à noires, d’aspect gras, qui peuvent elles aussi porter la sporulation | Taches allongées sur la tige |
| Fruit | La décoloration commence en général sur la face supérieure du fruit, et le fruit atteint reste ferme tant qu’une surinfection bactérienne ne s’installe pas | Taches déprimées et sèches, souvent concentriques, fréquemment près de l’attache du calice |
L’observation du feutrage blanc grisâtre au revers de la feuille, tôt le matin, reste le critère le plus sûr : c’est lui qui confirme le mildiou. L’Université de Floride rappelle que la maladie atteint tous les organes sauf les racines. Devant une tache ronde, coriace et cerclée d’anneaux concentriques sur une feuille basse, vous êtes sur une alternariose. La pourriture apicale, elle, donne une nécrose sèche à l’extrémité opposée au pédoncule et relève d’un trouble physiologique lié au calcium, pas d’une maladie infectieuse.
Prévention : neuf gestes qui font l’essentiel du travail
La lutte contre le mildiou se joue avant l’apparition des premiers symptômes. Les mesures prophylactiques ci-dessous, correctement combinées, réduisent fortement la pression parasitaire dans nos systèmes agroécologiques.
- Choisir un cultivar tolérant. Les hybrides F1 modernes intègrent des gènes de résistance issus des travaux de sélection du World Vegetable Center. Renseignez-vous auprès de votre fournisseur d’intrants pour identifier les variétés adaptées à votre zone.
- Espacer suffisamment les plants. En pleine terre, viser 60 à 80 cm entre plants et 100 à 120 cm entre lignes. Sous serre, ne jamais descendre en dessous de 2,5 plants/m². Un couvert dense piège l’humidité, et l’humidité piégée fait le mildiou. Orientez aussi les rangs dans le sens des vents dominants, pour que la rosée sèche vite.
- Palisser et effeuiller. Retirer systématiquement les feuilles basales jusqu’au premier bouquet fructifère, puis chaque semaine les feuilles sénescentes. Éliminer immédiatement les résidus loin de la parcelle, jamais dans le compost.
- Arroser au pied, jamais au feuillage, et de préférence le matin. L’irrigation goutte à goutte est ici un investissement rentabilisé en une seule saison de pression mildiou évitée. L’Université de Californie est explicite sur ce point : l’aspersion par le haut favorise le mildiou. Les pièges de pose qui font échouer un petit réseau sont listés dans notre article sur les erreurs du goutte à goutte en maraîchage.
- Pailler le sol. Le paillis évite les rebonds d’éclaboussures qui transportent les sporanges du sol vers les feuilles basses. Le choix du matériau et l’épaisseur utile sont détaillés dans notre article sur le paillage d’une planche maraîchère.
- Aérer les serres et tunnels agressivement. Ouverture dès le lever du soleil, ventilation forcée si besoin. Sous serre agricole tropicale, une ventilation transversale et faîtière bien dimensionnée est la première ligne de défense. Les règles de conception chiffrées sont réunies dans notre dossier sur les serres agricoles en Afrique tropicale.
- Partir de plants sains. Une pépinière aérée, surélevée et arrosée au pied produit des plants qui n’arrivent pas déjà porteurs au champ. La conduite d’une pépinière sous abri léger est décrite dans notre guide sur la pépinière sous filet d’ombrage, dont les principes de hauteur, de ventilation et d’arrosage valent pour toutes les espèces maraîchères.
- Rotation avec des non-solanacées sur au moins 3 ans. Éviter d’enchaîner tomate, pomme de terre et aubergine sur la même parcelle, et ne pas implanter une tomate à côté d’une parcelle de pomme de terre. Éliminer aussi les hôtes secondaires : la morelle noire (Solanum nigrum) et les repousses spontanées de pomme de terre sont des réservoirs actifs.
- Tenir un carnet de surveillance climatique. Noter la pluviométrie, la température et l’hygrométrie du soir. Toute conjonction pluie et nuit à humidité relative supérieure à 90 % déclenche l’alerte pour un traitement préventif dans les 48 heures.

Le poids du choix variétal : un essai dans l’ouest du Cameroun
Dietchou et ses coauteurs ont publié en 2024 dans l’International Journal of Biosciences un essai conduit dans les hauts plateaux de l’Ouest du Cameroun, sur plusieurs variétés de tomate avec et sans protection fongicide. Trois traitements y ont été comparés : une formulation double action associant chlorothalonil et cymoxanil, et deux produits de contact à base de mancozèbe et de manèbe.
Les écarts de sévérité sont considérables : 6,6 % et 7,3 % sur les variétés AVTO1219 et AVTO1311 protégées par la formulation double action, contre 95,1 % sur la variété RIO GRANDE 2 laissée sans traitement. Le rendement total suit la même courbe, de 3,92 tonnes par hectare sur la variété RIO GRANDE + non traitée à 59,27 tonnes par hectare sur la variété CLN1462A protégée par la formulation double action.
Deux enseignements. Le choix variétal pèse autant que le programme de traitement, et la question à poser à votre fournisseur de semences porte sur le comportement de la variété face au mildiou dans votre zone précise. Et un témoin non protégé en zone d’altitude humide peut perdre la quasi-totalité de sa récolte commercialisable. Vérifiez toujours que les produits que vous employez sont homologués pour la tomate dans votre pays.
Calibrer le pulvérisateur avant de traiter
Un traitement préventif ne protège que les surfaces effectivement couvertes, et un pulvérisateur à dos non calibré applique soit trop peu, soit trop. Le guide sur l’emploi du pulvérisateur à dos publié par le Silsoe Research Institute avec l’Université du Zimbabwe donne la méthode.
- Marquez un parcours de 100 mètres et mesurez la largeur de travail, qui correspond en général à l’écartement des rangs.
- Marchez à environ 1 mètre par seconde, en tenant une cadence de pompage régulière d’un bout à l’autre du parcours.
- Mesurez le volume d’eau consommé sur le parcours, puis appliquez la formule : 10 000 m² multipliés par le volume pulvérisé en litres, divisés par la largeur de travail en mètres multipliée par la longueur du parcours en mètres.
- L’exemple du guide : 1,5 litre pulvérisé sur 100 mètres avec une largeur de travail de 0,9 mètre donne (10 000 x 1,5) divisé par (0,9 x 100), soit 167 litres par hectare.
- Recalculez après avoir ajouté le produit, en pulvérisant dans un récipient, car l’additif modifie le débit.
Le même guide prend 200 litres par hectare comme volume de référence. Sur une tomate tuteurée, le volume doit monter avec le développement du feuillage, puisque la protection vient de la couverture des deux faces des feuilles. Trois règles de sécurité méritent d’être affichées au magasin : ne jamais souffler une buse bouchée ou un tuyau obstrué avec la bouche, rincer le pulvérisateur avec environ un litre d’eau et répéter l’opération deux fois de plus, et ne jamais stocker l’appareil avec du produit dedans, même une nuit, sous peine de corroder les pièces.
Traitement : cadre, doses et délais
En Afrique, la référence de terrain reste la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre et chaux). Elle est strictement préventive : elle empêche la germination des sporanges qui viennent se poser sur la feuille, mais ne détruit pas un mycélium déjà installé.
Bouillie bordelaise : le protocole
- Dose de pulvérisation : suivre la teneur en cuivre et la dose portées sur l’étiquette du produit homologué dans votre pays. Démarrer sur la dose basse, la dose haute étant réservée aux situations à très forte pression après pluies répétées.
- Timing : première application dès que les plants atteignent 15 à 20 cm et que le premier bouquet floral se forme, puis renouvellement selon le niveau de risque détaillé ci-dessous.
- Délai avant récolte : respecter le délai porté sur l’étiquette du produit utilisé. Ce délai est impératif pour la sécurité alimentaire du consommateur.
- Nombre maximal d’applications par cycle : s’en tenir au maximum indiqué sur l’étiquette. Le cuivre s’accumule dans le sol et perturbe la vie microbienne à long terme.
Rythme des passages selon le niveau de risque
La fiche du Réseau d’avertissements phytosanitaires propose une graduation utile, transposable à tout produit de contact à large spectre.
| Situation | Intervalle entre deux passages |
|---|---|
| Aucun mildiou signalé dans la région, temps favorable à la maladie | 7 à 10 jours |
| Aucun mildiou signalé, temps chaud et sec | 10 à 14 jours |
| Mildiou présent dans la région, parcelle encore indemne | Intervalles resserrés, en alternant contact et pénétrant |
| Foyer confirmé sur la parcelle | 5 à 6 jours, avec des produits ciblant le mildiou |
| Après 25 mm de pluie cumulée | Renouveler le produit de contact, qui est lessivé |
Alternance des modes d’action
Alterner les produits de contact et les produits pénétrants limite la sélection de souches moins sensibles. Les fongicides systémiques sont réservés aux exploitations disposant d’un conseil phytosanitaire : respect strict des étiquettes homologuées par la direction en charge de l’agriculture de votre pays, des doses et des délais avant récolte. Ne jamais appliquer en autotraitement.
Sécurité opérateur
Le cuivre est classé irritant. Toujours porter gants nitrile, lunettes de protection, masque anti-poussière et vêtements couvrant bras et jambes. Rincer abondamment le matériel après usage. Ne jamais traiter en plein soleil, en raison du risque de brûlures foliaires cupriques.
Que faire face à un foyer déjà déclaré
Lorsque les premiers symptômes sont visibles, il est trop tard pour la seule prévention. La priorité devient de stopper la propagation, pas de sauver les feuilles atteintes :
- Arracher les plants symptomatiques, les mettre en sac et les sortir du champ. Jamais au compost, jamais laissés au sol, et pas en bout de planche.
- Détruire une zone au minimum deux fois plus grande que le foyer visible, même sur des plants encore sans symptôme, puisque l’incubation dure 4 à 7 jours.
- Désinfecter le sécateur entre chaque plant.
- Appliquer un fongicide ciblant le mildiou, sur conseil professionnel.
- Cesser toute irrigation par aspersion. Basculer sur goutte à goutte si ce n’est déjà fait.
- Réduire la densité en supprimant les gourmands et les feuilles inférieures, et renforcer la ventilation.
Les gestes de chantier comptent autant que le produit. Ne dépistez pas quand la rosée est présente, car marcher dans un feuillage mouillé transporte les spores. Commencez toujours la tournée par les parcelles saines avant les parcelles atteintes, changez de surchaussures entre deux parcelles et lavez-vous les mains. Après la récolte, l’Université de Californie recommande que les plants soient complètement morts deux à trois semaines avant l’arrachage, et que tous les débris végétaux soient détruits.
Si une large part du feuillage est touchée et que la parcelle n’est pas isolée, il peut être plus rentable de récolter précocement ce qui peut l’être et de retourner la parcelle plutôt que de multiplier les traitements coûteux et incertains.
Calendrier de surveillance sur un cycle de tomate
| Période | Geste de protection | Déclencheur |
|---|---|---|
| Pépinière | Plants indemnes, arrosage au pied, aération de l’ombrière | Systématique |
| Reprise après repiquage | Tuteurage, paillage, calibrage du pulvérisateur | Systématique |
| Montée du couvert | Dépistage des feuilles basses, premier passage préventif | Nuits à 10 à 15 °C ou rosées longues |
| Floraison et nouaison | Intervalles de 7 à 10 jours, resserrés par temps favorable | Pluie importante, ou mildiou signalé dans la région |
| Grossissement des fruits | Intervalle de 5 à 6 jours, arrachage et mise en sac des foyers | Foyer confirmé sur la parcelle |
| Après récolte | Destruction des débris de solanacées, élimination des repousses | Systématique |
Construire un système, pas courir après un traitement
La stratégie gagnante contre le mildiou en climat tropical est agronomique et climatique avant d’être chimique. Un producteur qui a bien choisi son cultivar, bien positionné sa culture dans le calendrier saisonnier, correctement dimensionné son irrigation et sa protection sous abri, et qui suit les conditions météorologiques quotidiennement, limite nettement le nombre de passages par saison.
C’est exactement ce type de conception intégrée que nos équipes proposent aux producteurs et porteurs de projets à travers nos services de conseil et ingénierie agricole et notre gamme d’intrants et solutions de protection des cultures. Pour un devis adapté à votre parcelle, passez par la page Contact.
Sources et références
- Réseau d’avertissements phytosanitaires, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, fiche Mildiou de la tomate en champ
- INRAE, Ephytia, VigiMildiou, Le mildiou de la tomate
- University of California Statewide Integrated Pest Management Program, Late Blight on Tomato
- University of California Statewide Integrated Pest Management Program, Early Blight on Tomato
- University of Florida IFAS Extension, publication PP301, Late Blight of Tomato
- Dietchou P. V., Tiaze Fopah N. L., Keuete Kamdoum E., Tsopmbeng Noumbo G., 2024, International Journal of Biosciences 25(5), 64 à 76
- Silsoe Research Institute et University of Zimbabwe, Knapsack sprayer use, deuxième édition
Article rédigé par l’équipe agronomique de JOGOO Agriculture. Les recommandations phytosanitaires doivent être adaptées aux produits homologués dans votre pays.
Questions fréquentes
Comment reconnaître le mildiou de la tomate ?
Le mildiou donne sur la feuille des taches irrégulières, d’aspect gorgé d’eau, entourées d’une zone de tissu jaunâtre, qui s’étendent vite et virent au brun puis au noir pourpré. Au revers de la feuille, un feutrage blanc grisâtre de sporanges apparaît au-dessus de 80 % d’humidité relative, et c’est ce signe qui confirme le diagnostic. Sur fruit, la décoloration commence en général sur la face supérieure et le fruit reste ferme.
Combien de temps d’humidité faut-il pour que le mildiou infecte ?
Deux heures d’eau sur les feuilles suffisent à amorcer une infection, selon la fiche du Réseau d’avertissements phytosanitaires du Québec. La production de nouveaux sporanges demande en revanche une mouillure d’au moins 7 heures, entre 10 et 24 °C, et les premiers symptômes apparaissent après 4 à 7 jours d’incubation.
Comment distinguer le mildiou de l’alternariose ?
La tache d’alternariose mesure 6 à 12 mm, reste coriace, montre des anneaux concentriques et apparaît d’abord sur les feuilles âgées, sans feutrage blanc au revers. La tache de mildiou est irrégulière, gorgée d’eau, bordée d’une zone jaunâtre, et porte ce feutrage blanc en conditions humides.
À quelle température le mildiou de la tomate s’arrête-t-il ?
Le développement s’arrête au-dessus de 30 °C, mais l’agent pathogène n’est pas tué pour autant et reprend dès que la température redescend sous 25 °C avec une humidité élevée.
Après combien de pluie faut-il renouveler un traitement de contact ?
Après 25 mm de pluie cumulée, selon la fiche du Réseau d’avertissements phytosanitaires du Québec, parce que le produit est lessivé de la surface des feuilles.
Le goutte à goutte protège-t-il du mildiou ?
Il ne protège pas à lui seul, mais il supprime deux facteurs majeurs : la durée d’humectation du feuillage et les éclaboussures de terre contaminée. L’Université de Californie signale que l’aspersion par le haut favorise la maladie.
Pour aller plus loin
- Culture de la tomate : itinéraire technique : l’aération du couvert, le tuteurage et l’irrigation au goutte à goutte, trois leviers qui réduisent la pression du mildiou avant tout traitement.
- Monter une pépinière sous filet d’ombrage : hauteur sous filet, ventilation et arrosage au pied, les règles qui font des plants sains au départ.
- Pourquoi pailler une planche de chou, et avec quel matériau : épaisseur utile, choix du matériau et pose du paillis, la mesure qui coupe les éclaboussures porteuses de spores.
- Fiche technique de la culture du piment : autre solanacée, mêmes parasites telluriques et même exigence de rotation de 3 ans.
Compléments utiles
- Tomate hors sol : substrat, solution nutritive et conduite sous serre : en conduite sous abri, le pilotage de l’irrigation par goutteurs supprime de lui-même l’aspersion et la mouillure du feuillage, premier facteur d’infection.
- Culture maraîchère en Afrique : la place de la protection sanitaire parmi les autres postes techniques d’un périmètre maraîcher.
- Écartement des asperseurs sur une planche maraîchère : si votre réseau reste en aspersion, les réglages qui raccourcissent la durée de mouillure du feuillage.


